mardi 11 mars 2008

Travail

J’avais dit à ma collègue qui se plaignait du manque de renouveau de ce blog, d’écrire un texte elle-même. Le voici, dans son intégralité et presque non censuré :

Vincent tente de faire croire qu’il passe ses journées à travailler dur mais en fait voici comment il occupe réellement ses journées. Il a quand même des pics d’efficacité entre 10h et midi et après 15h. Forcément avant 10h il faut boire le café, lire l’actualité et faire un débriefing avec Alonso, Juana et moi-même.

  1. Il lit le Monde, le Figaro, la DH en buvant son café et un peu aussi après manger. Il me fait même lire les articles les plus dramatiques de la DH. Dernier en date sur les infirmières qui s’encoquinent avec leurs patients.
  2. Il regarde les filles passer et en fait l’analyse avec Alonso. Ils ont même mis au point un classement…
  3. Il prend toujours une pomme en dessert tout en sachant qu’il ne sait pas les éplucher. Mais c’est surtout parce que ça lui prend du temps et qu’il n’a pas de cette façon à aller chercher le café.
  4. Il essaie de me frapper à coups de boulettes de papier à longueur de journée. Il s’attaque plutôt à une pauvre créature comme moi qu’à un homme. C’est moins risqué…
  5. Il s’habille de manière classique, toujours dans les tons bleus. Un jour il est arrivé tout content avec sa nouvelle chemise à rayures violettes, très fier de lui parce qu’il l’avait choisie tout seul. Il n’a eu du succès qu’auprès des 50+. Il ne l’a jamais remise.
  6. Il se plaint de tout tout le temps. Quand il n’a pas mal aux dents, c’est son dos qui est douloureux…

Bon, à ma décharge, l'activité de l'entreprise n'est pas en grande forme et ça tourne au ralentis. Il y a du temps pour glander.

dimanche 24 février 2008


Regardez ce que j'ai trouvé sur un mur, dans un vieux bar par ici.


A part ça, ce soir, j'irai boire de la bière et manger des petits fours dans la loge VIP d'une grosse boite d'ici, pour le match Real-Getafe.

lundi 18 février 2008

L’aide au développement

On voit régulièrement à la télévision ou dans les journaux, un relevé de l’aide au développement proposé par les pays riches aux pays pauvres. J’ai pu découvrir quelque chose que je n’avais pas compris, c’est que cette aide est légèrement hypocrite.

Voici une petite explication de comment ça fonctionne. On prend par exemple un pays, Belgique, Espagne, France, Italie, Allemagne, n’importe quel pays un tant soit peu développé qui possède des entreprises exportatrices. Le problème des pays développés, c’est qu’ils sont capitalistes sans l’être. Le capitalisme, c’est un peu laisser le marché décider de qui est le meilleur. Malgré cela, les pays capitalistes sont fort protectionnistes et n’aiment pas appliquer à eux-mêmes ce qu’ils demandent aux autres (ce que je ne condamne pas puisque c’est une forme de protection de l’emploi). Et comme ces pays sont protectionnistes, il est assez difficile d’exporter chez le voisin si ce voisin possède une industrie identique. Que faire alors ? La solution est de vendre aux pauvres.

Les pauvres ont ceci de particulier qu’ils n’ont pas d’argent mais qu’ils sont facilement corruptibles. On a donc inventé le concept de crédit à l’aide au développement. Le nom est très joli vu comme ça mais ce ne l’est pas tant.

Vous prenez une entreprise X qui veut exporter un produit Y. Elle envoie un représentant dans un pays qui ne possède pas d’industrie propre, en général un pays pauvre. Le représentant va voir le ministre local et lui dit qu’il voudrait lui vendre un produit cher dont il n’a pas vraiment besoin et qu’il ne pourra pas entretenir. Le ministre répond qu’il n’a pas de quoi payer. Le représentant ne se démonte pas et annonce qu’il peut demander à son gouvernement un crédit d’aide au développement, remboursable à des taux très bas sur de longues années.

Dans ce cas, un bon patriote dirait au représentant qu’il serait plus judicieux de construire des écoles que d’acheter le dernier modèle de bateau-radar-super-génial, ce qui endette le pays pendant de longue années alors qu’il n’a déjà pas beaucoup de ressources. Le problème c’est que la classe dirigeante de beaucoup de pays pauvres n’est pas vraiment patriote et qu’en général ils n’ont pas beaucoup de contre-pouvoir. Le ministre voit donc dans la transaction qui s’annonce une manière de s’enrichir beaucoup plus facilement que par son dur labeur quotidien et accepte vivement le marché moyennant une « légère » rétribution personnelle.

Voila pourquoi on peut trouver dans des pays très pauvres des équipements dernier cri ne servant à rien, n’étant pas entretenus et côtoyant une population n’ayant ni eau courante ni électricité.

Mais attention, n’allez pas croire que les pays les plus corrompus sont les plus intéressants pour les entreprises. Passé un certain niveau de corruption, les affaires ne sont plus possibles, tous les efforts commerciaux consentis pour vendre un projet peuvent être réduits à néant en un rien de temps par un de vos concurrents. C’est pour ça que vous pouvez trouver un pays, ayant par exemple besoin d’une centrale électrique ou de pompes pour alimenter en eau des villages, qui laissent sans suite pendant de longues, très longues années ces projets parce que les dirigeants prennent des décisions qui sont de suite annulées par d’autres dirigeants et ainsi de suite, en fonction des intérêts personnels de chacun.

L’idéal serait sans doute de faire gérer l’aide au développement par un organisme supranational, indépendant. On pense donc de suite à l’ONU. Le problème, c’est que l’ONU est internationalement reconnue comme étant ce qu’il y a de plus corrompu parmi les corrompus (et c’est normal, tous les corrompus du monde se retrouvant dans une grande association fraternelle). Et puis de toute façon, à l’ONU, ce sont les plus grands contributeurs qui décident de où va l’argent et quelles sont les entreprises qui vont en bénéficier, ce qui fausse un peu la donne.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les américains ne sont pas les pires dans ce genre d’action commerciale, puisque légalement ils interdisent à leurs entreprises d’inclure plus de 5% du montant d’un marché en frais de consultance (là où se retrouvent les « commissions »). Sur beaucoup de marchés, ils ne sont donc pas compétitifs face à leurs concurrents européens.

Anecdote :

Au Paraguay, deuxième pays au monde le plus corrompu, circule cette bonne blague : « vous savez pourquoi le Paraguay n’est pas le premier dans la liste des pays corrompus ? Parce qu’on a payé pour être second. »

mercredi 6 février 2008

Comment faire peur dans une entreprise?

Pour faire peur dans une entreprise, c’est facile. Il suffit de discuter ou de signer des contrats pour des pays un peu tumultueux.

Dernièrement, le bruit court chez nous qu’il faut aller au Tchad, alors que là-bas ils sont en train de se foutre sur la gueule quelque chose de pas possible. En général, et c’est quelque chose qui m’étonne chaque fois un peu plus, ce sont ceux qui ne voyagent pas qui s’inquiètent le plus. Je suppose qu’ils doivent craindre que la grande main noire du destin ne les jette dans un avion militaire de la légion étrangère pour aller installer du matériel sous des pluies de balles et d’obus. D’ailleurs ça ne fait rire personne quand je dis : « ne t’inquiète pas, on ne saurait envoyer personne, les compagnies d’aviation ont cessé leurs vols réguliers pour le moment. »

En tout cas, il ne faut vraiment pas avoir confiance dans le département des ressources humaines pour croire que quelqu’un devrait se déplacer dans un pays où des rebelles attaquent l’aéroport.

Le plus drôle, c’est la réaction des africains eux-mêmes : « Le Tchad ? Mais il n’y a pas de problème, ils se battent 15 jours, il y en a un qui gagne, ils se partagent de l’argent et tout redevient comme avant. »

Et comme d’habitude, on me sort toujours la même question : « pourquoi on ne va pas dans des pays qui sont bien ? » Ce à quoi j’évite de répondre « comme le Kenya ? ».

lundi 21 janvier 2008

Je ne comprends pas les femmes

J’ai eu, ces derniers mois, diverses conversations avec des femmes et décidément, j’ai du mal à les comprendre. Par exemple :

a) Je me vois offrir par Esther, pour la Noël, un volant pour la console que j’ai achetée l’année dernière. Le volant étant muni de pédales, de câbles et de beaucoup de plastique, prend beaucoup de place dans le petit salon que nous louons. Le jour où elle me l’offre, je le déballe, découvre la chose de mes yeux émerveillés et Esther de couper court à toute réflexion en me disant : « Ça prend beaucoup de place, je ne veux pas le voir traîner ici, mets-le au grenier ».


b) Ma collègue que je ne nommerai pas, super féministe devant l’éternel, me répète sans cesse que les hommes sont de gros glands qui réfléchissent sur le physique des femmes sans les juger sur ce qu’elles ont dans la tête. Elle me répète sans cesse, comme ma maman, que le monde serait bien meilleur s’il n’était dirigé que par des femmes (ceci dit, je me demande si elle a raison quand je vois comment s’y prend ma nouvelle chef des ressources humaines). Enfin bref, un jour elle participe à une longue réunion avec une avocate d’une autre entreprise ainsi qu’un tas d’hommes. Plus tard je lui demande ce qu’elle pense de la réunion et elle de me dire « je n’aime pas cette femme, elle est mal habillée ».


c) Esther encore une fois, mais j’ai entendu dire de diverses sources sûres que cela peut s’appliquer à un tas d’autres femmes, se plaint souvent que je ne participe pas à la décoration de la maison (choix des coussins, des essuis, des dessus de lits, des trucs et des machins). Le problème c’est qu’elle applique ce que j’appelle la « démocratie féminine ». C'est-à-dire qu’on à le droit de penser ce qu’on veut mais en tout cas pas de l’exprimer. Et si on l’exprime, cela n’influe de toute façon pas sur la décision finale.
La démocratie féminine, c’est en pratique, un gars qui accompagne une fille dans un magasin X pourvu par exemple d’une grande quantité Y de housses d’édredons. Ils passent la porte, pleins de bonnes idées, pour s’enfoncer dans le commerce. La fille se détache alors du bras du gars pour flâner à travers les rayons et, au bout d’un temps interminable pendant lequel elle a obligé le pauvre gars à la suivre pour « participer », lui propose deux produits, le bleu et le rouge par exemple (on remarquera que le choix initial du magasin s’est grandement réduit, dans les mêmes proportion que l’influence que le malheureux peut avoir sur le choix définitif de la housse). Le gars à ce moment est tout de même un peu content de pouvoir lui aussi participer à la construction du foyer et pointe du doigt l’édredon bleu, qui est la couleur qui lui plait. A ce moment, la fille se rembruni légèrement et dit : «Moi je préfère le rouge, on va prendre le rouge ». C’est ça la démocratie féminine, et après on s’étonne que je ne sois pas intéressé par les achats. Alors évidemment on me rétorquera violemment que les hommes sont des êtres ignares sans goût aucun. Moi je pense que c’est peut-être tout simplement que nous avons du goût, mais pas le même (mais évidemment admettre ça appellerait au dialogue et au compromis et Dieu sait que les femmes ne sont pas intéressées par ça).

Enfin bref, je suppose qu'il n'y a pas le choix.

jeudi 13 décembre 2007

Le Playboy

Chaque fois qu’on se retrouve dans un aéroport, mon chef et moi, nous avons l’habitude de manger du jambon (dernier repas chrétien) et d’acheter des revues, surtout française pour leur qualité ( !). Les revues, d’un commun accord tacite entre lui et moi, doivent couvrir le champ politique entier pour rester neutre, c’est-à-dire qu’il faut acheter depuis l’Express jusqu’à Le Point, en passant par Historia et l’Observateur.

La dernière fois que nous somme allés en Algérie, ce pays si accueillant, je lui demandai en attendant l’avion, comme à mon habitude, s’il voulait quelque chose. Comme toujours, il me répondit « achète-moi un penthouse ». Cette demande qui n’est pas destinée à aboutir nous permet, à nous les hommes, de nous situer fermement dans ce monde qui se féminise un peu plus chaque jour.

Comme c’était la millième fois qu’il me le disait, je me suis dit que j’allais lui faire une « bonne blague » (je suis un comique) et j’achetai donc un Playboy puisque le penthouse n’était pas disponible (on ne va pas chipoter tout de même).

Je dois dire que ça m’a fait grand plaisir de repasser (nostalgie, quand tu nous tient) ce petit moment de honte que j’avais lorsque j’achetais, à 14 ans, ces revues interdites rue de Neufchâteau à Arlon, sous le regard réprobateur de la madame qui néanmoins encaissait mon argent. Dans ce cas-ci, la fille qui encaissait l’argent (de ma compagnie, je ne dépenserais pas le miens pour ça) avait mon âge et avait un regard non seulement réprobateur, mais qui disait aussi quelque chose comme « quel pèquenot celui-là ». Pourtant, j’avais pris soin de mêler la revue maudite aux hebdomadaires d’information et d’histoire que j’avais également pris, ce qui aurait dû me permettre de passer inaperçu.

Bref, j’assumai courageusement mon geste et me dirigeai vers mon cher chef qui fumait nerveusement sa dernière vingtaine de cigarettes avant de monter dans l’avion. Il me demanda ce que j’avais acheté et moi, tout fier, de lui montrer ma super trouvaille, avec mon grand sourire. Sa réaction ne laissa pas de me décevoir puisque je notai son peu d’enthousiasme devant mon « cadeau », le fameux Playboy. Il me dit qu’il trouvait cela un peu déplacé (en espagnol : « ¿Pero eres gilipollas o qué ? ¿Crees que podemos entrar en un país como Argelia con una revista porno? ).

Bref, je n’ai pas atteint mes objectifs humoristiques, cela arrive même aux meilleurs. Ceci dit, plus le pays où vous allez est traditionaliste, plus ce type de cadeau fait plaisir aux chauffeurs qui vous conduisent. C’est donc pour l’offrir que nous embarquâmes avec nous la sulfureuse revue en espérant ne pas avoir de problème avec en passant la douane.

Nous eûmes tellement peu de problèmes que le magazine érotico-porno non seulement est parti avec nous, mais en plus est revenu, oublié tout seul dans une pochette de la mallette de transport de PC portable. Le chef s’en fut donc chez lui avec le magazine en question, que je me refusai obstinément à prendre en charge, pour me dît-il, l’offrir à son fils (voir dernière phrase du paragraphe 2) et j’en oubliai ainsi jusqu’à son existence (du magazine).

Trois semaines plus tard, c’est-à-dire il y a 3 jours, j’arrive le matin tranquillement au boulot et, au milieu des bonjours de mes collègues toujours si ravis de me voir le matin, découvre, sur ma table de travail, le fameux magazine en question, à la vue et au sus de tous, lâchement déposé la veille alors que je n’étais plus là pour veiller au grain. Alors là, oui, effectivement, j’ai eu honte. Honte de savoir que des gens pouvait se faire une image déplacée de moi (et Dieu sait que je ne m’intéresse pas seulement aux femmes nues), mais en plus, j’ai dû supporter mes collègues féminines lisant (regardant plutôt) et commentant page à page, le fameux magazine. Les commentaires allaient des seins des jeunes filles (« C’est tout des seins en plastique »), leur épilation à la brésilienne ainsi que leurs postures ridicules ou encore leur sous-vêtement de femme de mauvaise vie. Et j’avais beau leur demander de feuilleter discrètement, elles s’efforçaient de faire du bruit et de commenter à voix haute les quelques malheureux commentaires des jeunes filles comme « je suis une sauvage en amour », « j’aime que les hommes aies le contrôle », « je fais l’amour tous les jours » ou « je ne supporte pas les sous-vêtement alors je n’en mets pas ».

Et bien vous ne me croirez peut-être pas, mais j’ai fait disparaître le magazine au plus vite en le mettant dans une enveloppe munie de l’adresse de quelqu’un en Belgique, pour être sûr de ne jamais le revoir.

jeudi 20 septembre 2007

Argent

Discutant la semaine dernière avec deux français travaillant dans le domaine de la maintenance des installations pétrolières en Algérie. Et bien ceux-ci m’expliquèrent qu’ils revenaient d’une semaine à Hassi Messaoud (je crois), en plein Sahara. Ils me racontaient que cet endroit, perdu au milieu du désert, avait pour tout aéroport une pièce avec un distributeur de coca et sans doute un appareil d’air conditionné. Et bien cet aéroport a des liaisons directes et régulières avec Paris, Londres, Washington et Houston. Bon, il faut préciser que de cette « ville » sort 520.000 barils de pétrole par jour (80 $ le baril, faites le compte). Comme quoi, le pouvoir de l’argent…

Je leur faisais remarquer que les affaires devaient être bonnes pour eux mais ils m’ont dit qu’à 80 $ le baril, plus personne ne fait attention à l’état des installations, on peut se permettre de perdre une partie de la production. Et comme de toute façon, les techniciens qui suivent les formations pour utiliser le matériel ne sont pas ceux qui l’utiliseront plus tard… personne ne sait utiliser le matériel acheté (ça a l’air con comme ça mais en fait les formations sont utilisées pour envoyer des copains en voyage tout frais payés, et avec ça on se plaint des voyages dispendieux du personnel de Charleroi).