vendredi 23 janvier 2009
samedi 20 décembre 2008
Noël et Navidad
La magie de Noël est arrivée en Espagne, et ici à Madrid, comme partout ailleurs, Noël c'est sacré. Mais bien que Noël soit une fête chrétienne et païenne (les hasards des desseins du Seigneur ont fait que le petit jésus est né juste au solstice d’hiver), dans notre société actuelle, c’est aussi une fête bien matérielle.
Malheureusement pour le commerce, cette année sera moins faste que les autres, crise oblige. En témoigne les allées désespérément vides des grands magasins. Mais le plus terrible des effets de la crise (de mon humble point de vue), c’est que les entreprises ont supprimé les paniers de Noël (las Cestas de Navidad), offerts à tous les employés, et qui faisaient la joie des petits et grands, de par leur contenu calorique et alcoolique (un panier contient en général des conserves diverses, des chocolats et du turón, de la charcuterie, du jambon, du vin, du whisky et d'autres trucs qui s'accumulent dans les armoires. Bref, cette année pas de panier et je gage que même quand reviendront des temps plus prospères, les mêmes entreprises oublieront de nous rendre les paniers. Quelle tristesse! Encore heureux qu’on a eu le repas de Noël.


Les traditionnelles guirlandes, par contre, ont un peu souffert de la crise. Dans notre belle capitale castillane surendettée, il a fallu rester les pieds sur terre, les illuminations de Noël sont les mêmes que l'année passée, même si notre bon bourgmestre a eu la bonne idée de changer les différentes guirlandes de rue pour qu'on n'aie pas l'impression que ce soient les mêmes (avant on renouvelait chaque années les guirlandes, en en confiant le design à de grands artistes).
Parce qu'ici on considère toujours le Père Noël comme un intru issu du système capitaliste américain, ce qui compte c'est le petit Jésus, le boeuf, l'âne et Marie. Et des crèches, il y en a partout, dans la rue, dans les bâtiments de la commune, dans tous les centres commerciaux, dans les concours de la plus belle crèche, et tout ça.
On fait aussi et surtout la file pour la Loterie de Noël, la fameuse et traditionnelle Loterie de Noël.

Le principe est simple, vous achetez (20 Euros) un "Décimo" qui est la dixième partie d'un numéro (Ce qui fait que les lots sont répartis sur 10 tickets). Le gros lot étant de 3M€. Les numéros gagnants sont tirés par les mains innocentes de petits enfants orphelins de l'orphelinat San Idelfonso, tirage retransmis en direct live le matin du 22 décembre.

Ça a pas l'air comme ça mais ça rigole pas, les gens achètent des décimos via leur entreprise (chaque entreprise achète des décimos et réparti les gains entre les employés), via le bar du coin, avec leur copain/fiancé/mari/femme/amant, avec leurs parents, ... Vous donnez alors aux gens que vous appréciez des participations officielles, sorte de papiers signés par la personne ou l’organisme qui la donne, qui sont des parties de décimo, et ce afin de partager avec eux vos gains le cas échéant. La participation reprend le numéro du Décimo que vous avez acheté ainsi que la quantité d’argent qu’il représente (2, 4 ou 6 euros des 20 que coûtent les décimos).

Ce système permet à tout le monde d'augmenter les chances de succès en diminuant d'autant les gains possibles (puisque tout le monde partage). En gros, les gens en arrivent à dépenser 100, 200 ou 300 euros en loterie chaque année. Et je peux assurer qu’on me regarde bizarre quand je n’en achète pas au niveau de l’entreprise. Ils sont comme enfiévrés ici avec cette histoire.
Vous pouvez voir ici (vers 1:20 minutes), le tirage du gros lot:
Enfin, ici comme ailleurs tout ça reste une grande fête de

Elle a eu le temps de mûrir, son étiquette date de l’époque franquiste (avec les aigles correspondantes), d’avant 1975.
vendredi 28 novembre 2008
León
Comme toujours, on retrouve les témoignages du passage des méchants français vers 1808, et comme toujours on retrouve les monuments parlant de la traîtrise française et de la valeur héroïque des castillans (à l’époque forts aidés par nos
Ceci dit, à Léon, même au coeur de la maison de Dieu vous pouvez encore trouver des traces de la guerre civile, et sur un ton un peu plus agressifs que sur les monuments aux morts en Belgique ou en France. Sur la photo suivante vous pouvez observer deux phrases qu’on n’a pas l’habitude de voir dans une église (mais j’admets que je me trompe peut-être parce que je ne vais pas souvent à la messe) :
- « Hommage de l’évêque et du clergé en mémoire des prêtres et séminaristes assassinés ».
- « Prêtres et Séminaristes morts au front pour Dieu et pour l’Espagne » avec les noms qui s’ensuivent. J’aime bien cette phrase, c'est d'une rude virilité qui donne le ton.
On trouve aussi des choses moins belliqueuses, notamment la tombe d’Ordoño II considéré comme un des premiers rois de l’Espagne post-romaine. Ordoño II qu’on retrouve en statue à Madrid devant le palais royal. Comme quoi le monde est petit.

Tout ça pour dire qu'à part la horde de chien qui attaque les voitures à la sortie de la ville, c'est un joli coin où on mange bien et qu'on vous conseille d'aller dîner dans les anciennes caves à vins, des souterains convertis en restaurant, c'est très bon et c'est romantique à souhait.
Et pour finir en fanfare:
mardi 18 novembre 2008
jeudi 16 octobre 2008
Foot
Mes collègues facétieux sont venus m'ennuyer avec le superbe jeu de La Roja de hier soir. Ils l'ont bien ramené sur l'écrasante supériorité de leur équipe face à une Belgique terne et morne.
Je leur ai rétorqué que, à mon avis, la Belgique n'avait pas joué si mal que ça et qu'elle avait même dominé l'Espagne un bon moment.
On m'a dit qu'étant belge je ne suis pas objectif sur un match Belgique-Espagne... Je n’ai su que répondre. Ils sont d'une logique implacable ces espagnols.
lundi 13 octobre 2008
Changement de boulot
Dans l'Espagne postfranquiste, il est difficile de se détacher de son entreprise, elle fait partie de votre âme et de votre vie. Il n’est d’ailleurs pas question de ne pas aimer son entreprise. Et on l’aime tellement son entreprise, qu’on n’a pas besoin de se faire payer ni un salaire décent ni les heures sup pour venir travailler.
Ceci dit, un salutaire surplus d'énergie nordiste m'a fait changer d'idée et j’ai donné ma démission il y a de cela déjà un mois. Du jour au lendemain, on m’a traité comme un véritable traitre à la cause, on ne me disait plus bonjour dans les couloirs (je parle de mon directeur, pas de mes chers collègues), on vérifiait ce que j’emportais avec moi le soir, on m’empêchait d’accéder au serveur pour ne pas que j’efface toutes les données top-secrète CIA de l’entreprise… Contre vent et marrée j’ai amené un peu de vin, de jambon et de tortilla pour inviter mes collègues le dernier jour. Je dis contre vent et marré car il est interdit par mon ex entreprise de faire ce genre de chose. Je remercie d’ailleurs mes collègues qui à cette occasion m’ont remis une belle montre et une carte avec plein de petits mots.
Et voilà, maintenant j’ai intégré ma nouvelle famille, bien mieux que l’ancienne bien sûr, où on m’a accueilli avec des paroles bien chaleureuse :
« Tu dois faire 8h22 par jours mais si tu fais 9h30 je serai content »
Sûr que j’ai fait le bon choix.
Et je ne parlerai pas de mon salaire qui selon toutes les études scientifiques et savantes devrait être d’au moins 4 fois celui d’Esther (une femme !) mais qui reste désespérément sous le sien.
mardi 7 octobre 2008
Espagne en crise (2)
