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mercredi 4 juillet 2007

Alger la Blanche

Les méditerranéens en général sont susceptibles, les algériens en particulier. J’ai découvert durant cet énième voyage au pays des deys qu’il y a des choses qu’il ne faut pas faire:
  • Une fille d’une entreprise locale qui collabore avec nous me montre ses photos de Bruxelles. Il y a dans le lot une photo de la statue de ce cher Godefroid, ex roi de Jérusalem durant la première croisade.
    Moi : Le gars de la statue à le même nom de famille que moi.
    Elle : C’est qui ?
    Moi : Godefroid de Bouillon, le chef de la première croisade.
    Elle a adopté un regard noir de circonstance et m’a demandé si le monsieur était de ma famille.
    Je me suis empressé de répondre que non. En tout cas, apparemment, ils n’ont toujours pas avalé les croisades. Pourtant ça fait quand même un bon bout de temps, ils me rappellent les flamands avec leur bataille des éperons d’or.
  • Je lisais le journal local le matin avant une réunion, et je vois écrit « … le prophète QSSSL ».
    Moi, aux gens que j’ai en face de moi dans la salle de réunion : Qu’est-ce que ça veut dire QSSSL ?
    Un monsieur : ça s’utilise quand on parle du prophète, ça veut dire « Que le Salut Soit Sur Lui ».
    Mon collègue, qui n’avait compris ni de quoi on parlait ni qu’est-ce qu’on avait dit : Que le salaud quoi ?
    Ma conclusion, vue les regards que l’assemblée nous a jeté, est qu’il ne vaut mieux pas associer le prophète et une injure au pays des berbères.

D’autres choses à ne pas faire :

  • Commander de l’alcool à une femme au restaurant (elles sont si pures là-bas).
  • Raconter des blagues cochonnes devant une femme au restaurant (elles sont si innocentes là-bas).
  • Utiliser les mots travail, effort, obligation et responsabilité devant les fonctionnaires de la République Démocratique et Populaire d’Algérie, ça les effraie.

Des choses à faire :

  • Raconter des blagues bien machistes devant une assemblée d’hommes (ça les réconforte dans ce monde féministe).
  • Essayer le vin de là-bas.
  • Rester patient, ce n’est pas de leur faute, ils ont vécu 10 ans au rythme communiste, ils ne savent pas travailler.
  • Avoir du PQ dans les poches.
  • Manger du poisson grillé dans les restos du port (dans les environs de là où il y a des mesdames qui vendent leur service).

dimanche 27 mai 2007

Espagne culturelle

Ma chère cousine, qui étudie un peu d’espagnol, et qui a bien compris qu’on ne connaît une langue que quand on en connaît toutes les facettes, me demande une liste d’insultes. Ça tombe bien, j’en connais quelques-unes. Mon problème par contre, c’est de connaître leurs traductions exactes. Ce n’est pas toujours facile et la plupart des dictionnaires bilingues n’en parlent pas.

La langue espagnole est, surtout et essentiellement quand elle est prononcée par un homme, remplie de mots qui feraient rougir un gros charretier comme une jeune fille.

La liste suivante est exhaustive puisque, comme partout, il existe des mots locaux, plus champêtres, que je ne connais pas.

On peut classer les insultes en plusieurs catégories :

(*) Celles là m’ont été recommandées par des collègues mais, selon Esther, n’existent pas.
(X) Ce sont les plus utilisées.

Les classiques:

Cabrón: connard (X)
Maricón: pd (X)
Bastardo: connard aussi
Pedorro/a: ¿?, frimeur je crois
Capullo: crétin (X)
Gilipollas: crétin/imbécile (X)
Hijo de puta: c'est clair (X)
Mariquita: tapette (ça veut dire coccinelle aussi)
Perra: chienne, traînée (surtout prononcé par les filles puisque entre elles, elles sont si aimables)
Puta: bref, je crois que c’est compréhensible (X)
Zorra: salope (ça veut dire renarde aussi) (X)
Tonto/a : idiot/e (X)


Les composés:

Abrazafarolas: embrasseur de révèrbère ou ivrogne (*)
Lameculos: lèche-cul
Lametraserillos: lèche-arrière-train (*)
Tocapelotas: touche couille=emmerdeur (X)
Cacho perro: morceau de chien (¿?)
Malnacido: mal-né
Ajouter « puto » à n’importe quoi: puto coche, puto francés, puta jefa (X)
Ajouter « de mierda » à n’importe quoi : coche de mierda, trabajo de mierda (X)
Cagarse sur n’importe quoi : je chie sur: Me cago en tu padre/madre/muertos, me cago en los más santos, en dios, en satanas.
Ce sont des insultes essentiellement utilisées par les grands-pères (et sous le regard fort désapprobateur des grands-mères).
Sopla pollas: littéralement souffle bites, qui peut se traduire par suce-bite je suppose.


Les mots qu’on ajoute pour souligner l’intensité narrative (comme « putain » ou « bordel »), à utiliser tous les 3 mots :

Coño : vient de con (sexe féminin)
Coño, ¿sabes lo que me ha pasado?: Ça alors, tu sais ce qui m’est arrivé ?
Joder : bordel.
Estoy hasta los huevos, joder=j’en ai jusqu’aux oeufs, bordel

Les verbes qui ne sont pas des insultes mais qui ne sont quand même pas fort raffinés :

Follar : baiser, comme dans « ¡Que te follen ! »
Dar : donner, à utiliser comme dans l’exemple suivant : « que te den por el culo »


Il y en a sûrement d’autres, mais ils ne remontent pas à la surface de ma mémoire pour le moment.