dimanche 16 septembre 2007

Encore une

Je suis retourné à une corrida, même si mes collègues me traitent de malade (comme indiqué précédemment, tout le monde n’est pas toujours d’accord avec ces jeux du cirque).



La corrida a commencé conformément à la tradition, les picadores sont venus avec leurs chevaux et puis sont apparus les banderilleros, ceux qui doivent planter des espèces de harpon dans le dos de la bête. Et bien le premier picador, il a pris peur et s’est mis à courir devant le taureau. Le problème c’est qu’il avait un peu d’embonpoint et s’est fait rattraper. Alors, par manque de chance sans doute, il a réussi, tout en se faisant marcher dessus par le taureau, à se planter sa banderilla dans la jambe (c’est quand même fait pour ne pas pouvoir se détacher).

Tout cela m’a permis de remarquer quelque chose : quand un banderillero se fait chopper par le taureau, et bien le banderillero qui passe juste après, il est un peu plus stressé, et il fait donc des conneries. Ce qui m’a donc permis de voir deux banderilleros se faire encorner successivement. Il faut dire que le taureau n’était pas content (en même temps, personne ne serait content avec harpons dans le dos).

mercredi 5 septembre 2007

Vacances

Et oui, avec Esther, nous sommes allés rendre visite à la maison familiale. Comme d’habitude, je lui fais découvrir ainsi qu’à moi-même notre petite Belgique.


Ahhhh, la Belgique, cette belle nation, … heu, fédération. Non, confédération.

Ha, on me dit dans l’oreillette qu’il vaut mieux parler de Wallonie fière et indépendante. Cette Wallonie sûre d’elle-même, qui travaille d’arrache pied à préparer son futur incertain, un futur que nos politiques préparent de manière éclairée, prévoyant les coups sourds d’un destin inéluctable qui s’approche à grand pas. Il suffit de voir la colonne vertébrale de notre région, le PS, qui travaille depuis 20 ans au renouveau économique en mendiant des aides européennes pour les dilapider ensuite sur l’axe Charleroi-Nivelle-Liège. C’est vrai quoi, les flamands nous prennent pour des incapables intellectuels. Ils se trompent ! Qu’ils prennent Van Cau en exemple, il faut être un malin pour avoir laisser aller tous ses amis en prisons sans y mettre les pieds sois-même.



Ceci dit, on a un beau pays qui faire beaucoup rire mes collègues : On avait Jean-Claude Van Dame, maintenant il y a Leterme et sa marseillaise. On avait le Grand Jojo, maintenant on a Dardenne en exclusivité sur scène à Marbehan ou sur Youtube, ce qui ne doit pas être fort différent.

Enfin, c’est pas grave, tant que les flamands continuent à nous vendre des moules et de la bière, on devrait survivre.

Après ces quelques jours passés dans nos (ou vos, puisqu’on m’appelle des fois « l’espagnol ») vertes contrés, il y a une chose que je ne cesse de regretter, c’est le soleil. En effet, j’ai beau jurer à Esther sur la tête de tous mes aïeux qu’il fait parfois beau et chaud, elle emporte toujours avec elle une image de mauvais temps. Allez savoir pourquoi… Par contre, elle a découvert les notions de fricadelle, formateur, informateur, explorateur et un tas d’autres concepts belgo-belges qui auraient fait rire nos amis yougoslaves il y a 15 ans.

mercredi 8 août 2007

Alger la pas si blanche que ça

Durant la deuxième semaine de juillet se déroulaient les jeux africains. Il en résulte que tous les hôtels étaient pleins. Notre contact sur place nous trouve heureusement un hôtel à 30 km d'Alger.

Quand on y arrive, on découvre un hôtel sale et perdu dans un village où tout le monde repère si un européen arrive; comme chacun le sait, dès qu’on passe le Mare Nostrum, un occidental est avant tout un distributeur de billet. Donc, pour notre sécurité, nous pensons qu’il n’est pas bon de rester dans un endroit comme celui-là. Notre chauffeur nous conseille d’ailleurs de ne sortir sous aucun prétexte de l’hôtel. Dans un pays comme l’Algérie, étant donné la placidité des gens, un conseil comme celui-là n’est pas quelque chose qui rassure.

Nous décidons donc d’un commun accord que cet hôtel ne sied pas à la catégorie de personne que nous sommes et nous disons au chauffeur qu’on ne dormira là même pas en rêve.

Ce dernier nous dit alors : « ne vous inquiétez pas, je connais un hôtel ou j’allais avant d’être marié, c’est propre et gardé ».

On refait 15 km et on arrive devant un bâtiment gris, sans signe distinctif à part une porte en métal et une enseigne où il est écrit « la rose bleue ».

Alors, c’est vrai que l’endroit était propre et gardé (par des espèces de gorilles en chaussures blanches et pantalons noirs et chaînes en or qui brille). Seulement, heureusement que nous ne sommes restés que deux jours parce que ce n’est vraiment pas bon pour ma vertue.

Les murs du couloir d’entrée sont recouverts de lourdes tentures rouges accompagnées des tapis de sols de la même couleur, la lumière est tamisée et bleutée, le bar est rempli de filles vêtues de manière suggestive (en fait pas pire que certaines européennes mais pour le pays c’est beaucoup) qui se font payer les consommations et la consommation, la télé passe toute sortes de films de fesses, la baignoire immense est munie d’un jacousi et Madame Claude ne dédaignerait pas la déco de la chambre. Accessoirement, le petit déjeuner est servi seulement dans la chambre (nous avons pris soin avec mon collègue de laisser la porte ouverte pour ne pas laisser se créer des rumeurs lorsque nous déjeunions ensemble) et il est écrit sur la porte de ne pas vomir dans le lavabo mais bien dans la poubelle.

En bref, je pourrai dire à présent que j’ai dormi dans une maison close en Algérie. Et j’affirme pour ceux qui en doutent que je n’ai pas péché.

mercredi 4 juillet 2007

Alger la Blanche

Les méditerranéens en général sont susceptibles, les algériens en particulier. J’ai découvert durant cet énième voyage au pays des deys qu’il y a des choses qu’il ne faut pas faire:
  • Une fille d’une entreprise locale qui collabore avec nous me montre ses photos de Bruxelles. Il y a dans le lot une photo de la statue de ce cher Godefroid, ex roi de Jérusalem durant la première croisade.
    Moi : Le gars de la statue à le même nom de famille que moi.
    Elle : C’est qui ?
    Moi : Godefroid de Bouillon, le chef de la première croisade.
    Elle a adopté un regard noir de circonstance et m’a demandé si le monsieur était de ma famille.
    Je me suis empressé de répondre que non. En tout cas, apparemment, ils n’ont toujours pas avalé les croisades. Pourtant ça fait quand même un bon bout de temps, ils me rappellent les flamands avec leur bataille des éperons d’or.
  • Je lisais le journal local le matin avant une réunion, et je vois écrit « … le prophète QSSSL ».
    Moi, aux gens que j’ai en face de moi dans la salle de réunion : Qu’est-ce que ça veut dire QSSSL ?
    Un monsieur : ça s’utilise quand on parle du prophète, ça veut dire « Que le Salut Soit Sur Lui ».
    Mon collègue, qui n’avait compris ni de quoi on parlait ni qu’est-ce qu’on avait dit : Que le salaud quoi ?
    Ma conclusion, vue les regards que l’assemblée nous a jeté, est qu’il ne vaut mieux pas associer le prophète et une injure au pays des berbères.

D’autres choses à ne pas faire :

  • Commander de l’alcool à une femme au restaurant (elles sont si pures là-bas).
  • Raconter des blagues cochonnes devant une femme au restaurant (elles sont si innocentes là-bas).
  • Utiliser les mots travail, effort, obligation et responsabilité devant les fonctionnaires de la République Démocratique et Populaire d’Algérie, ça les effraie.

Des choses à faire :

  • Raconter des blagues bien machistes devant une assemblée d’hommes (ça les réconforte dans ce monde féministe).
  • Essayer le vin de là-bas.
  • Rester patient, ce n’est pas de leur faute, ils ont vécu 10 ans au rythme communiste, ils ne savent pas travailler.
  • Avoir du PQ dans les poches.
  • Manger du poisson grillé dans les restos du port (dans les environs de là où il y a des mesdames qui vendent leur service).

vendredi 1 juin 2007

Expérience d'expatrié

Cherchant du travail de manière assez urgente (il y a de cela déjà un certain temps), je trouve l’opportunité de participer à un stage d’entreprise via une bourse donnée par le gouvernement espagnol. Étant européen de l’Union Européenne, j’ai droit à cette bourse. Je me déplace donc à un organisme universito-gouvernemental et me retrouve devant la responsable.

Moi : Bonjour, je voudrais postuler à la bourse X pour pouvoir effectuer un stage en entreprise.
La madame : Ha mais monsieur, c’est réservé aux espagnols (il suffit que je dise un mot pour qu’on devine que je ne suis pas espagnol, je ne sais pas comment ils font).
Moi : Excusez-moi d’insister, mais sur votre papier, c’est écrit réservé aux ressortissants de l’union européenne.
La madame avec un regard sombre : Bon, vous êtes de l’union européenne ?
Moi : oui
La madame : Quel pays ?
Moi : Belgique
La madame : C’est dans l’union européenne ?
Moi, offusqué : (elle est con ou quoi ?) Bien sûr que c’est dans l’union !
La madame, pas sûr quand même : attendez, je vais vérifier.
La madame, criant à travers les bureau : Pablo ! La Belgique est dans l’union européenne ?
Pablo, passablement peu informé également : Attend, je vérifie dans la liste.


Je vous rassure, ils ne sont quand même pas tous comme ça, loin de là.

Dans le même genre, mais rien à voir avec l’expatriation :

Je connaissais un américain de San Francisco qui passait un an en Espagne pour apprendre la langue de son grand-père qui était portugais (je suppose que pour un américain, le Portugal ou l’Espagne, ce n’est pas fort différent).

Un jour j’ai eu cette conversation avec lui,
Lui : Tu es d’où ?
Moi : Belgique
Lui : ha, ok, mais c’est où ça ?
Moi : (pas de prob, après tout je ne suis pas capable de dire où se trouve le Bhoutan.) C’est entre la France et l’Allemagne (j’aurais pu dire entre le Luxembourg et les Pays-Bas, mais je ne pense pas que ça aurait fait avancer le Schmilblick).
Lui : ok, mais c’est où la France ?
Moi : (ha oui, quand même!) ... ben, un peu au nord de l’Espagne.


Pour compenser un peu la carence culturelle des deux derniers posts, voici des photos de Bilbao, ainsi que de sa procession prise il y a trois ans.












dimanche 27 mai 2007

Espagne culturelle

Ma chère cousine, qui étudie un peu d’espagnol, et qui a bien compris qu’on ne connaît une langue que quand on en connaît toutes les facettes, me demande une liste d’insultes. Ça tombe bien, j’en connais quelques-unes. Mon problème par contre, c’est de connaître leurs traductions exactes. Ce n’est pas toujours facile et la plupart des dictionnaires bilingues n’en parlent pas.

La langue espagnole est, surtout et essentiellement quand elle est prononcée par un homme, remplie de mots qui feraient rougir un gros charretier comme une jeune fille.

La liste suivante est exhaustive puisque, comme partout, il existe des mots locaux, plus champêtres, que je ne connais pas.

On peut classer les insultes en plusieurs catégories :

(*) Celles là m’ont été recommandées par des collègues mais, selon Esther, n’existent pas.
(X) Ce sont les plus utilisées.

Les classiques:

Cabrón: connard (X)
Maricón: pd (X)
Bastardo: connard aussi
Pedorro/a: ¿?, frimeur je crois
Capullo: crétin (X)
Gilipollas: crétin/imbécile (X)
Hijo de puta: c'est clair (X)
Mariquita: tapette (ça veut dire coccinelle aussi)
Perra: chienne, traînée (surtout prononcé par les filles puisque entre elles, elles sont si aimables)
Puta: bref, je crois que c’est compréhensible (X)
Zorra: salope (ça veut dire renarde aussi) (X)
Tonto/a : idiot/e (X)


Les composés:

Abrazafarolas: embrasseur de révèrbère ou ivrogne (*)
Lameculos: lèche-cul
Lametraserillos: lèche-arrière-train (*)
Tocapelotas: touche couille=emmerdeur (X)
Cacho perro: morceau de chien (¿?)
Malnacido: mal-né
Ajouter « puto » à n’importe quoi: puto coche, puto francés, puta jefa (X)
Ajouter « de mierda » à n’importe quoi : coche de mierda, trabajo de mierda (X)
Cagarse sur n’importe quoi : je chie sur: Me cago en tu padre/madre/muertos, me cago en los más santos, en dios, en satanas.
Ce sont des insultes essentiellement utilisées par les grands-pères (et sous le regard fort désapprobateur des grands-mères).
Sopla pollas: littéralement souffle bites, qui peut se traduire par suce-bite je suppose.


Les mots qu’on ajoute pour souligner l’intensité narrative (comme « putain » ou « bordel »), à utiliser tous les 3 mots :

Coño : vient de con (sexe féminin)
Coño, ¿sabes lo que me ha pasado?: Ça alors, tu sais ce qui m’est arrivé ?
Joder : bordel.
Estoy hasta los huevos, joder=j’en ai jusqu’aux oeufs, bordel

Les verbes qui ne sont pas des insultes mais qui ne sont quand même pas fort raffinés :

Follar : baiser, comme dans « ¡Que te follen ! »
Dar : donner, à utiliser comme dans l’exemple suivant : « que te den por el culo »


Il y en a sûrement d’autres, mais ils ne remontent pas à la surface de ma mémoire pour le moment.

jeudi 17 mai 2007

Las Ventas

J'ai eu la chance de pouvoir aller voir une corrida à Las Ventas, 14.000 places assises, une des grandes arènes de ce monde avec Séville et Mexico, ambiance assurée.

Madrid a une des meilleures arènes, les récompenses accordées aux matadors sont rares et le public est très sévère. Il est composé en grande partie d’abonnés qui viennent tous les jours durant la saison (3 ou 4 mois) pour fumer le cigare et commenter le spectacle, ainsi que manger des graines de tournesol tel de gros hamsters. En général, un représentant de la famille royale est également présent (une des princesses normalement, à qui le matador offre la mort du taureau).

Avouons-le, la corrida n’est pas très bien vue, ni en Espagne, ni dans le monde. On croit souvent que le but de cet acte anachronique est de simplement tuer le taureau et que les jeux sont faits. Cependant, il suffit de voir en direct live un bestiau de 600 kilos débouler sur un gars tête baissée pour se rendre compte que ce n’est pas si simple. Le matador doit démontrer au public son courage et démontrer qu’il peut contrôler l’animal du début à la fin. Ça demande un certain doigté puisque le taureau n’étant pas tout à fait idiot, il lui suffit de comprendre une seule fois que l’objectif n’est pas la cape qui bouge mais le bras qui la tient, pour qu’il aille encorner le matador ou un de ses compagnons. C’est donc tout un jeu de mouvements à utiliser, au niveau du corps et du poignet qui tient la cape. En gros, les accidents sont nombreux même si rarement mortels.

La saison taurine espagnole est retransmise, comme le football, par Canal+. Et on a droit à des commentaires comme ceux du football au sujet de l’état de santé des matadors : « Machin n’est toujours pas remis de sa fracture du fémur et Bidule se remet doucement de son poumon perforé, il ne pourra pas revenir cette saison ».

Le spectacle reste très impressionnant même si, il faut le dire, c’est sanglant et relativement cruel (on a l’impression de pouvoir revivre un peu l’ambiance du Colisée à Rome il y a longtemps). Si le matador démontre son art très bien, le public lui accorde une oreille, voir deux, voir les deux oreilles avec la queue de l’animal.

Voici quelques photos et une vidéo retraçant le déroulement normal d’une corrida (3 matadors, 6 taureaux):
  • Entrée des participants.
  • Entrée du taureau
  • Phase du picador (il y a 50 ans, les chevaux n’avaient pas de protection. Ils se faisaient éventrer, on les recousait et on les renvoyait en piste).
  • Phase des banderilleros
  • Phase du matador
  • Mise à mort
  • Coupe des oreilles et/ou de la queue si nécessaire
  • Évacuation du cadavre.